Coup de théâtre au Parlement européen. Le 12 janvier 2009 au soir, la Commission européenne confirme aux députés les rumeurs qui couraient depuis plusieurs jours à Bruxelles : le plan d’action sur la mobilité urbaine, initialement attendu à l’automne dernier, est reporté sine die.
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A en croire les versions provisoires qui circulent depuis plusieurs semaines, le plan d’action de la Commission était sur le point d’être finalisé. Mais l'hostilité de l'Allemagne a finalement poussé l'exécutif européen à faire machine arrière. En cause les craintes de Berlin de voir Bruxelles porter fortement atteinte au principe de subsidiarité et affaiblir son industrie automobile.
«Une idiotie absolue»
«Cette décision est totalement incompréhensible», s’insurge le président de l’Intergroupe Urban-logement, Jean-Marie Beaupuy (MoDem/ADLE), qui fustige non seulement une «erreur politique» mais aussi «une idiotie absolue». Pour le député européen français, la reculade de la Commission s’explique aisément : «José Manuel Barroso obéit à Angela Merkel, parce qu’il croit avoir besoin d’elle pour sa réélection au mois de juillet. Le président de la Commission est actuellement en campagne. Il veut pouvoir compter sur le soutien des grands Etats».
Riposte peu orthodoxe
«Nous avons décidé de nous substituer à la Commission, et de reprendre l’initiative là où nous ne l’avons pas», explique Gilles Savary. Une fois voté, ce texte aura en effet une valeur juridique nulle, mais un poids politique très fort. Car, pour la première fois dans l’histoire du Parlement européen, les députés ont l’intention d’imposer ce texte au prochain commissaire européen aux transports. «S’il refuse de mettre ce texte à l’ordre du jour, nous refuserons de valider sa nomination», poursuit Gilles Savary, qui revendique une «prise en otage» en règles de la prochaine Commission européenne.
Contexte
En Europe, 60% de la population vit en milieu urbain, près de 85% du PIB de l’UE y est réalisée. Or, d’après la Commission, l’économie européenne souffre de lourdes pertes dues aux encombrements des grandes villes : 1% du PIB de l’UE est ainsi sacrifié, chaque année, sur l’autel des embouteillages.
L’Ile-de-France soutient le Parlement
Du côté de la région Ile-de-France, concernée au premier chef par ce plan sur la mobilité urbaine, on souligne que le vice-président en charge des Transports, Serge Méry, a rencontré Gilles Savary, et soutient pleinement le processus engagé par le Parlement européen. Un premier appui de la part d’une région où s’opèrent chaque jour 4 millions de déplacements entre Paris et la banlieue, auxquels s’ajoutent 800.000 déplacements de banlieue à banlieue.

